La tortue luth pourrait s'éteindre d'ici 20 ans

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La tortue luth pourrait s'éteindre d'ici 20 ans

Les tortues luth sont en danger critique. Une nouvelle étude montre qu’en 27 ans, la population de ces reptiles a chuté de 78 % dans l'un des plus importants sites de nidification du Pacifique.

Dermochelys coriacea, la tortue luth, est la plus grande tortue marine. Elle mesure en moyenne 1,8 m et pèse une demi-tonne. Si c’est un animal d’envergure, la tortue luth est pourtant une espèce gravement menacée. Elle figure sur la liste de l’UICN avec un statut d’espèce en danger critique d’extinction. La survie du reptile est principalement menacée par le braconnage, les filets de pêche, la pollution et l'urbanisation du littoral.

Grande voyageuse, la tortue luth est capable de migrer sur plus de 11.000 km. On peut la trouver dans tous les océans, mais il n’existe que quelques lieux principaux de ponte. L’un des derniers du Pacifique se situe en Indonésie, sur la plage de Jamursba Medi dans la province de Papua Barat (Papouasie occidentale). Une étude internationale, conduite par des chercheurs de l’University of Alabama at Birmingham (UAB), rapporte que le nombre de tortues luths a chuté de 78 % sur ce site par rapport à l’année 1984. Le nombre de nids de tortues est quant à lui passé de 14.455 en 1984 à 1.532 en 2011.

Une tortue luth sur la plage de Jamursba Medi, en Indonésie. Derrière à droite, Ricardo Tapilatu. C'est le principal investigateur de l'étude. Natif de Papouasie, il travaille depuis 2004 sur cette espèce de tortues. Il effectue actuellement son doctorat à l'University of Alabama.
Une tortue luth sur la plage de Jamursba Medi, en Indonésie. Derrière à droite, Ricardo Tapilatu. C'est le principal investigateur de l'étude. Natif de Papouasie, il travaille depuis 2004 sur cette espèce de tortues. Il effectue actuellement son doctorat à l'University of Alabama. © UAB

D’après l’équipe, la plus grande tortue marine du monde pourrait bien disparaître prochainement. Si la vitesse du déclin ne change pas, il ne sera plus possible d’éviter l’extinction de l’espèce d’ici 20 ans. Dans l’étude, publiée dans la revue Ecosphere, les biologistes estiment que le nombre de nids chute de 5,9 % par an. L’étude est basée sur la surveillance annuelle des nids depuis 2005 et représente le suivi le plus complet sur ces espèces. Deux plages sont particulièrement étudiées : il s’agit de Jamursba Medi et de Wermon.

Réponse aux difficultés de survie des tortues luths

Les biologistes ont identifié quatre problèmes majeurs auxquels sont confrontées les tortues luth sur ces plages. Les prédateurs scrutent les plages de nidification, comme les porcs et les chiens qui ont été introduits sur l'île, et mangent les œufs de tortue. En outre, la température du sable des plages serait en hausse, ce qui tuerait les œufs et empêcherait la production de nouveau-nés de sexe masculin. Une fois en mer, ces grandes migratrices peuvent se prendre dans les filets de pêche. Enfin, les adultes et les œufs sont souvent récupérés par les insulaires pour leur nourriture.

Un œuf sur mille deviendra une tortue adulte. Capturer une adulte revient donc à détruire un millier d'œufs ! Les scientifiques impliqués dans l’étude sont principalement de l’UAB, de la NOAA et de la WWF. Ils travaillent conjointement à une meilleure gestion des plages et une couvaison plus sûre des œufs. Ils envisagent notamment de relocaliser les nids des sables chauds vers des zones plus fraîches. Une sensibilisation permanente des insulaires est aussi mise en place. Avec ces mesures, ils espèrent augmenter le taux d’éclosions de 80 %.

Toutefois, la seule gestion des plages augmentera le taux d’adultes, mais ne sauvera pas nécessairement l’espèce. Quand elles migrent, les tortues luth peuvent traverser les territoires d’une vingtaine de pays dans le Pacifique, il s’agit donc d’un problème international. « Il est extrêmement difficile de faire respecter les règlements de pêche globale dans tout le Pacifique », explique Ricardo Tapilatu, principal investigateur de l’étude.

Par Delphine Bossy, Futura-Sciences

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